En bref
- Dans Ma Culotte est née à Caen de la rencontre entre Marie Réveilhac, ingénieure en informatique, et Noëlle Papay, graphiste, autour d’une même question : comment rendre les protections hygiéniques plus lisibles, plus durables et moins entourées de silence ?
- Créée en 2014, cette marque française a porté des serviettes lavables, des coupes menstruelles et d’autres alternatives réutilisables, en reliant écologie, fabrication locale et parole décomplexée sur les règles.
- Son histoire rappelle que l’innovation ne se situe pas seulement dans l’objet : elle se joue aussi dans la façon d’ouvrir une conversation publique sur le corps, la précarité menstruelle et le respect de l’environnement.
- Le parcours de l’entreprise, qui a cessé son activité après près d’une décennie, reste un repère pour comprendre l’essor des solutions de zéro déchet et l’évolution des attentes autour de l’hygiène intime.
| Repère | Ce qu’il raconte |
|---|---|
| 2014 | Création de Dans Ma Culotte par Marie Réveilhac et Noëlle Papay. |
| Produits | Serviettes lavables, protège-slips réutilisables, coupes menstruelles et alternatives pensées pour limiter les déchets. |
| Engagement | Une recherche de proximité dans la fabrication, de transparence et de dialogue sur les règles. |
| Héritage | Une contribution visible à la banalisation des conversations menstruelles et à la diffusion de la durabilité dans l’intime. |
Dans Ma Culotte : quand des protections hygiéniques deviennent un sujet de société
Il y a des objets que l’on achète sans les regarder, que l’on glisse au fond d’un sac avec une discrétion presque apprise. Pendant longtemps, les protections hygiéniques ont appartenu à cette catégorie : nécessaires, quotidiennes, mais peu discutées. Le nom Dans Ma Culotte, volontairement direct et légèrement malicieux, est venu déplacer ce silence. Il ne s’agissait pas seulement de vendre une alternative aux protections jetables, mais de dire que les règles pouvaient être abordées sans gêne, sans langage codé et sans réduire les personnes réglées à un problème à dissimuler.
L’aventure commence par une rencontre, lors d’un « start-up week-end » à Caen. Noëlle Papay y présente un projet autour des mouchoirs en tissu ; Marie Réveilhac, qui réfléchit de son côté à des serviettes hygiéniques lavables, y voit une continuité évidente. Leur équipe obtient la deuxième place du concours. Plus important encore, les deux femmes constatent que leurs compétences se répondent. L’une vient de l’informatique, l’autre de l’univers graphique et artistique. Elles prennent plusieurs mois pour éprouver leur association, parler de leurs valeurs et donner une forme solide à leur intuition avant de créer la marque en octobre 2014.
Cette temporalité mérite d’être regardée avec attention. Dans l’univers entrepreneurial, la vitesse est souvent présentée comme une vertu absolue. Or, leur démarche s’appuie aussi sur le temps long : apprendre à travailler ensemble, interroger les matières, chercher des partenaires de fabrication cohérents avec leurs attentes, comprendre les besoins réels des utilisatrices. Ce choix n’a rien d’anecdotique. Lorsqu’un produit touche à l’intimité, à la peau et à un cycle parfois douloureux, la précipitation n’est pas nécessairement la meilleure alliée.
Le projet arrive aussi à un moment où la parole menstruelle commence à prendre de l’ampleur en France. Les débats sur la composition des tampons, les mobilisations contre la « taxe tampon » et les alertes autour du syndrome du choc toxique déplacent progressivement les règles du registre du secret vers celui de la santé publique et du droit à l’information. La TVA sur les protections périodiques est d’ailleurs abaissée de 20 % à 5,5 % en France à partir de 2016, après un vote intervenu en 2015. Ce changement fiscal ne résout pas la précarité menstruelle, mais il marque une reconnaissance politique : ces produits sont des biens de première nécessité.
Dans ce contexte, Dans Ma Culotte défend une idée simple : le bien-être menstruel ne relève ni du luxe ni d’une tendance passagère. Il peut passer par le choix d’une protection adaptée, par une meilleure compréhension de son cycle, par le droit de poser des questions sur les matériaux employés. Cette approche ne suppose pas que chaque personne doive adopter le lavable ou la coupe menstruelle. Les corps, les flux, les conditions de logement, les handicaps, les habitudes et les budgets diffèrent. Elle ouvre plutôt un espace où le choix devient plus conscient.
Une lectrice fictive, appelons-la Salomé, pourrait découvrir une serviette lavable en cherchant à réduire ses poubelles. Elle pourrait aussi y renoncer parce qu’elle vit en colocation sans machine disponible, ou parce que son flux très abondant lui demande une organisation différente. Dans les deux cas, son expérience est légitime. Le geste politique ne consiste pas à imposer une solution unique ; il consiste à rendre les possibilités visibles et à cesser de faire peser la honte sur celles qui ont leurs règles.
Cette première pierre explique le retentissement de la marque : elle a proposé des produits, bien sûr, mais aussi des mots pour parler d’un vécu mensuel longtemps maintenu hors champ. Ce que Dans Ma Culotte a rendu plus habitable, c’est autant la conversation que le tiroir de la salle de bains.
Marie Réveilhac et Noëlle Papay : une innovation née de la complémentarité
Les récits de création d’entreprise aiment les figures héroïques, les personnes qui auraient tout vu avant les autres. L’histoire de Dans Ma Culotte est plus intéressante parce qu’elle raconte une alliance. Marie Réveilhac et Noëlle Papay ne partent pas du même métier ni du même regard, mais elles se rejoignent dans une même attention aux objets ordinaires et à leur impact. L’une apporte une culture de la structure et du numérique ; l’autre une sensibilité de graphiste, attentive aux formes, aux couleurs et à la manière dont un produit entre dans une vie quotidienne.
Cette complémentarité éclaire une dimension souvent oubliée de l’innovation. Innover ne signifie pas forcément inventer de toutes pièces un objet inédit. Les serviettes lavables existent depuis longtemps, tout comme les coupes menstruelles, dont les premiers brevets remontent au début du XXe siècle. L’innovation peut aussi être sociale, esthétique et pédagogique : rendre un objet plus accessible, plus désirable sans le surjouer, et surtout mieux expliqué. En 2014, beaucoup de personnes en France connaissent encore peu les alternatives réutilisables. Les présenter exige donc de répondre avec sérieux aux questions très concrètes : comment les laver ? combien en prévoir ? est-ce compatible avec une journée de travail ?
Les fondatrices ont également fait le choix d’un financement participatif. Selon leur récit, la somme nécessaire au lancement a été réunie en quelques jours. Au-delà du montant, ce soutien montre qu’un besoin était là, déjà présent mais peu formulé. Les contributrices et contributeurs ne finançaient pas seulement un stock de produits : ils validaient l’idée qu’un autre rapport aux menstruations pouvait prendre place dans l’économie quotidienne.
Une marque française qui refuse de séparer le corps du monde
La volonté de fabriquer en France et de travailler avec des ateliers partageant certaines exigences sociales s’inscrit dans cette cohérence. La proximité géographique ne garantit pas, à elle seule, des conditions irréprochables ni une empreinte écologique minimale. Les matières premières peuvent venir de loin, les transports existent, l’énergie utilisée par les ateliers compte. Mais une production suivie de près peut permettre une meilleure traçabilité, des échanges plus directs avec les personnes qui fabriquent, et une attention accrue aux finitions.
Dans Ma Culotte mettait en avant des textiles certifiés biologiques pour une partie de sa gamme et le travail de couturières employées dans des conditions encadrées. Ces engagements doivent toujours être lus avec précision : une certification concerne un périmètre défini, et aucun produit ne devient neutre pour la planète par simple déclaration. Pourtant, exiger de connaître l’origine d’un tissu, la composition d’une protection ou les conditions de confection modifie déjà les habitudes de consommation. Cela fait entrer l’intime dans le champ de la responsabilité collective.
Leur démarche s’appuyait aussi sur des démonstrations et un réseau de conseillères. Ce modèle répondait à une difficulté fréquente : certaines personnes n’osent pas poser leurs questions dans une pharmacie ou devant un moteur de recherche qui les noie sous les résultats. Échanger avec une interlocutrice, toucher une matière, voir une protection dépliée, entendre qu’un essai peut demander quelques cycles : autant de détails qui rendent la décision moins abstraite.
- La matière : comprendre ce qui est au contact de la vulve et ce qui compose la partie absorbante.
- L’usage : adapter le nombre de protections, le niveau d’absorption et le mode de lavage à sa réalité.
- La parole : pouvoir évoquer les fuites, les douleurs ou les hésitations sans être ramenée à une supposée négligence.
Le modèle n’était pas exempt de tensions. Faire connaître une petite structure demande du travail, des ressources logistiques et une présence constante. Les fondatrices l’ont elles-mêmes évoqué : entreprendre engage beaucoup de temps et réduit parfois la disponibilité pour les proches. Le soin de soi, dans ce cadre, n’est pas un décor. L’une trouvait un appui dans la natation ou le yoga, l’autre dans la course, la mer normande et la marche. Ces pratiques ne suppriment pas la pression économique ; elles peuvent offrir un rythme, un souffle, un point d’ancrage.
L’héritage de cette association tient à cette leçon discrète : une entreprise attentive se construit aussi dans la qualité des liens entre celles qui la portent.
Protections menstruelles durables : ce que l’écologie change dans le quotidien
Parler d’écologie à propos des règles peut vite devenir culpabilisant. Une poubelle remplie de protections jetables n’est pas le signe d’un manque de conscience : elle reflète souvent les produits disponibles, les contraintes de temps, l’accès au linge, la sécurité recherchée pendant un flux imprévisible ou simplement l’habitude. Le parcours de Dans Ma Culotte est précieux lorsqu’il invite à regarder ces gestes sans jugement, en proposant des options plutôt qu’un nouveau devoir moral.
Les protections à usage unique associent généralement plusieurs matériaux et génèrent des déchets après quelques heures d’utilisation. Les alternatives lavables, elles, déplacent une partie de la charge vers l’entretien : rinçage éventuel, lavage, séchage, stockage. Leur intérêt environnemental dépend donc de leur durée d’utilisation, de leur fréquence de lavage et de la manière dont elles sont intégrées à une routine réelle. La durabilité n’est pas un label posé sur un emballage ; c’est une relation entre un objet et la façon dont il est employé dans le temps.
Une serviette lavable peut accompagner de nombreux cycles si elle est correctement entretenue. Une coupe menstruelle, selon les recommandations de son fabricant et son état, est conçue pour servir plusieurs années. Mais toutes les solutions ne conviennent pas à tout le monde, ni à chaque moment de la vie. Certaines femmes préfèrent une combinaison : culotte menstruelle la nuit, protection jetable en déplacement, serviette lavable à domicile. Cette souplesse n’affaiblit pas la démarche. Elle la rend possible.
Le zéro déchet comme horizon, non comme épreuve de perfection
Le vocabulaire du zéro déchet peut faire rêver autant qu’il peut décourager. Il suggère parfois qu’il faudrait ne rien jeter, ne rien oublier, ne jamais être prise au dépourvu. Or les menstruations n’obéissent pas toujours à nos agendas. Un cycle peut se décaler, un flux se modifier, une fatigue rendre chaque tâche domestique plus lourde. Il est plus juste de penser la réduction des déchets comme un horizon : chaque geste qui évite un achat superflu ou allonge la vie d’un produit peut compter, sans exiger une pureté impossible.
Les conseils pratiques doivent rester simples. Avant le premier usage, lire les indications de la marque est essentiel. Pour les textiles lavables, un rinçage à l’eau froide peut aider à retirer le sang, puis un lavage selon les recommandations permet de préserver les fibres. Les adoucissants peuvent diminuer l’absorption de certains tissus ; un séchage naturel, lorsque cela est possible, ménage généralement les élastiques. Concernant les coupes menstruelles, l’hygiène des mains et le respect des consignes de nettoyage sont centraux. En cas de douleur inhabituelle, d’irritation, de fièvre ou de doute sur une protection interne, consultez un professionnel de santé.
Le respect de l’environnement ne se limite pas au produit fini. Il inclut le transport, l’emballage, la durée de vie, les conditions de travail et la capacité de l’entreprise à informer sans masquer ses limites. C’est là que le parcours de cette marque française garde sa valeur : il a contribué à déplacer la question de « quel produit acheter ? » vers « quelle histoire matérielle accompagne cet objet intime ? ».
Dans la salle de bains de Salomé, le changement pourrait être minuscule : une pochette dédiée aux protections propres, un filet de lavage, deux serviettes lavables testées un week-end. Rien d’héroïque. Elle observe ce qui lui convient, ce qui ne lui convient pas, et ajuste. Ce type d’écoute a davantage de portée qu’une règle rigide appliquée contre soi.
Une écologie sensible commence souvent ainsi : par un geste possible, répété avec lucidité, plutôt que par une exigence qui épuise.
Briser le tabou des règles : l’impact social de Dans Ma Culotte
Le mot « règles » reste parfois chuchoté, remplacé par des périphrases qui semblent anodines : « avoir ses affaires », « être indisposée », « la semaine compliquée ». Ces expressions disent quelque chose d’une culture où le sang menstruel a longtemps été associé à la gêne, à l’impureté ou à une fragilité qu’il faudrait rendre invisible. La marque Dans Ma Culotte a choisi l’inverse : nommer, expliquer, rire parfois, sans transformer les menstruations en sujet léger. Cette parole contribue à un impact social qui dépasse largement le commerce.
Les fondatrices insistaient sur l’importance d’inclure les hommes dans la conversation. Cette idée demeure juste, à condition de l’élargir : les personnes qui n’ont pas leurs règles peuvent être des collègues, des partenaires, des parents, des enseignants ou des responsables d’équipe attentifs. Connaître les réalités menstruelles ne donne pas un accès au corps des autres ; cela permet de réduire les moqueries, les maladresses et les obstacles pratiques. Prévoir des protections gratuites dans des toilettes, ne pas ironiser sur une douleur, accepter qu’une personne ait besoin de s’absenter quelques minutes : ces gestes relèvent d’une hospitalité élémentaire.
Le tabou masque aussi des enjeux matériels. En France, des associations et des collectivités agissent depuis plusieurs années contre la précarité menstruelle, en distribuant des protections et en installant des points d’accès gratuit. L’enjeu ne se réduit pas au prix. Il concerne aussi l’information, la possibilité de choisir, l’accès à des toilettes sûres et à de l’eau, ainsi que la dignité de ne pas devoir improviser avec des solutions inadaptées. Les produits réutilisables peuvent représenter une économie sur la durée pour certaines personnes, mais leur coût initial et les conditions nécessaires à leur entretien ne doivent jamais être minimisés.
La parole éducative portée par Dans Ma Culotte s’inscrivait donc dans un mouvement plus large. Des blogs, ateliers et événements, notamment autour du Menstrual Hygiene Day, ont participé à rendre le sujet plus visible. Cette visibilité a ses limites : parler des règles ne garantit pas que les douleurs soient entendues, ni que l’endométriose, le syndrome prémenstruel sévère ou les troubles du cycle soient correctement pris en charge. Une parole libérée doit pouvoir conduire vers une écoute médicale lorsque c’est nécessaire, pas seulement vers une meilleure consommation.
Il y a aussi une question de langage. Dire « femmes » reste pertinent pour évoquer le parcours des fondatrices et une grande partie de leur clientèle historique, tout en reconnaissant que toutes les femmes n’ont pas leurs règles et que certaines personnes menstruées ne se définissent pas comme femmes. Cette précision n’est pas un détour théorique. Elle rappelle que l’attention au corps gagne à ne laisser personne sur le seuil.
Une entreprise ne peut pas régler seule les inégalités sanitaires ou économiques. Elle peut toutefois créer un précédent culturel. En donnant un nom frontal à sa marque, en organisant des échanges, en parlant de composition et de confort, Dans Ma Culotte a aidé à rendre les menstruations plus dicibles. Ce déplacement compte parce qu’il permet ensuite d’exprimer une douleur, de demander une protection, de réclamer des toilettes équipées ou de simplement ne plus avoir à s’excuser.
Le respect de l’environnement et le respect des personnes se rejoignent ici : tous deux commencent par le refus de considérer l’intime comme un détail embarrassant.
Après Dans Ma Culotte : ce que son parcours laisse aux femmes et aux marques engagées
Après près de dix ans d’activité, Dans Ma Culotte a annoncé l’arrêt de son aventure entrepreneuriale. Cette fin ne retire rien à ce qui a été construit ; elle rappelle plutôt la fragilité des petites entreprises engagées. Entre les coûts de fabrication, la concurrence accrue, l’évolution des habitudes d’achat, les exigences de communication et la nécessité de préserver celles qui travaillent, la route est rarement rectiligne. Dans l’économie des marques responsables, l’enthousiasme du public ne suffit pas toujours à garantir une continuité financière.
Il serait tentant de raconter cette trajectoire comme une victoire totale ou, à l’inverse, comme un échec. Ni l’un ni l’autre de ces mots ne rend justice à sa complexité. Une marque peut fermer et avoir durablement modifié les imaginaires. Les serviettes lavables, culottes menstruelles et coupes sont aujourd’hui bien plus présentes dans les conversations, les pharmacies et les rayons qu’au milieu des années 2010. Elles ne constituent pas une réponse universelle, mais elles ont cessé d’être réservées à quelques cercles militants informés.
Choisir sans se laisser enfermer par la promesse parfaite
Face à l’abondance actuelle de l’offre, quelques repères peuvent soutenir un choix attentif. Une communication très esthétique ou très écologique ne remplace pas les informations sur la matière, l’entretien, la provenance, la capacité d’absorption et les conditions de retour. De même, un produit présenté comme « naturel » ne doit pas être crédité de vertus médicales qu’il n’a pas démontrées. Les douleurs menstruelles importantes, les saignements inhabituels, les malaises ou les symptômes qui empêchent de vivre normalement méritent un échange avec un médecin, une sage-femme ou un autre professionnel de santé.
- Partir de son quotidien : temps de trajet, accès à une machine, durée des journées et intensité habituelle du flux comptent davantage qu’une tendance.
- Lire les informations concrètes : composition, conseils d’entretien, lieu de fabrication et garanties donnent une vision plus fiable qu’un simple slogan.
- Essayer progressivement : choisir une ou deux protections plutôt qu’un équipement complet permet de tester sans pression.
- Préserver sa liberté : alterner les solutions selon les jours, les lieux et les besoins n’annule pas une démarche écologique.
Ce parcours invite aussi à regarder autrement les projets portés par des femmes. Les fondatrices de Dans Ma Culotte ne proposaient pas de « mieux gérer » le corps féminin au nom de la performance. Elles ont tenté de bâtir une réponse à une nécessité quotidienne, avec de la créativité, de l’entraide et une attention aux réalités de fabrication. Leur récit fait entendre ce que l’entrepreneuriat peut avoir de collectif : parler de son idée, écouter les objections, la modifier, accepter de ne pas tout maîtriser.
Pour celles qui souhaitent lancer un projet lié à l’écologie ou au bien-être, la leçon n’est donc pas de travailler sans relâche. Elle serait même dangereuse si elle menait à l’épuisement. Il s’agit plutôt de chercher des alliées, de confronter son idée à des usages réels, de rendre ses engagements vérifiables et de garder un espace de respiration. Une baignade, une marche, un cours de yoga ou une course au bord de l’eau ne résolvent pas les difficultés structurelles d’une entreprise. Ils peuvent toutefois rappeler qu’aucun projet ne devrait dévorer entièrement la personne qui le porte.
En 2026, la question posée par Dans Ma Culotte reste vive : comment faire des choix plus cohérents avec nos valeurs sans transformer chaque geste intime en examen moral ? La réponse est sans doute plurielle, lente et imparfaite. Elle passe par l’information, la justice d’accès, la qualité des objets, mais aussi par une parole qui laisse aux personnes la place de raconter ce qui leur convient.
Le fil laissé par cette marque est moins une méthode qu’une permission : celle de regarder ses habitudes avec attention, puis de choisir ce qui rend son cycle un peu plus juste et plus vivable.
Qui a créé Dans Ma Culotte ?
La marque a été créée en 2014 à Caen par Marie Réveilhac, alors ingénieure en informatique, et Noëlle Papay, graphiste. Leur rencontre lors d’un événement entrepreneurial a fait émerger un projet commun autour des protections menstruelles réutilisables.
Quels produits proposait Dans Ma Culotte ?
La marque a notamment proposé des serviettes hygiéniques lavables, des protège-slips réutilisables, des coupes menstruelles et d’autres solutions pensées pour limiter les déchets liés aux règles.
Les protections lavables conviennent-elles à tout le monde ?
Non. Leur utilisation dépend du flux, du confort personnel, du logement, de l’accès à l’eau et au linge, ainsi que du rythme de vie. Une utilisation ponctuelle ou combinée avec d’autres protections peut aussi être adaptée.
Que faire en cas de douleurs ou de symptômes inhabituels pendant les règles ?
Une protection menstruelle ne remplace jamais un avis médical. En cas de douleurs intenses, de saignements inhabituels, de fièvre, de malaise ou de doute, il est important de consulter un professionnel de santé.